Hausse de la CSG : les gains du PER désormais taxés à 31,4 %
Publié le 30 juillet 2026 — Fiscalité de l'épargne
Adoptée définitivement le 16 décembre 2025, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital mobilier de 9,2 % à 10,6 %. Une hausse de 1,4 point qui fait passer les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %, et la flat tax de 30 % à 31,4 %. Le PER est concerné ; l'assurance vie, non. Explications.
Le nouveau taux, ligne par ligne
| Composante | Jusqu'en 2025 | Depuis le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| CSG | 9,2 % | 10,6 % |
| CRDS | 0,5 % | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | 7,5 % |
| Total prélèvements sociaux | 17,2 % | 18,6 % |
| Impôt forfaitaire (PFU) | 12,8 % | 12,8 % |
| Flat tax globale | 30 % | 31,4 % |
Qui paie 18,6 %, qui reste à 17,2 %
Le champ de la hausse est ciblé sur le capital mobilier. Plusieurs enveloppes ont été expressément exclues du relèvement :
| Taxé à 18,6 % | Maintenu à 17,2 % |
|---|---|
| Dividendes et plus-values sur compte-titres | Assurance vie (fonds euros et unités de compte) |
| Intérêts des livrets fiscalisés | Contrats de capitalisation |
| PER — sortie en capital, part des gains | PER — sortie en rente viagère |
| PEA de plus de 5 ans (gains acquis à partir de 2026) | Revenus fonciers et SCPI de rendement |
| Actifs numériques, location meublée non professionnelle | Plus-values immobilières, PEL et CEL de plus de 12 ans |
C'est le point qui a le plus surpris les épargnants : le PER n'a pas été ajouté à la liste des exclusions, alors que l'assurance vie y figure explicitement. Il en résulte un écart de 1,4 point en faveur de l'assurance vie sur la fiscalité des gains.
Rappel : seuls les gains sont concernés
La confusion est fréquente, il faut la lever. Lors d'une sortie en capital d'un PER alimenté par des versements déduits, la fiscalité est scindée en deux :
- La part correspondant aux versements est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, sans aucun prélèvement social. Elle n'est donc pas touchée par la réforme.
- La part correspondant aux plus-values supporte le PFU, qui passe de 30 % à 31,4 %.
La hausse ne s'applique donc qu'à une fraction — souvent minoritaire sur les contrats récents — du capital retiré.
Combien ça coûte réellement ?
Prenons un PER liquidé avec 120 000 € de capital, dont 90 000 € de versements et 30 000 € de gains :
- Prélèvements sur les gains à l'ancien taux (30 %) : 9 000 €
- Prélèvements sur les gains au nouveau taux (31,4 %) : 9 420 €
- Surcoût : 420 €, soit 0,35 % du capital total.
À comparer à l'économie d'impôt générée à l'entrée : pour un épargnant à 30 % de TMI ayant versé 90 000 €, la déduction a représenté 27 000 € d'impôt évité. Le surcoût de 420 € en représente 1,6 %.
Faut-il arbitrer vers l'assurance vie ?
La réponse dépend de votre tranche marginale d'imposition, pas du taux de prélèvements sociaux.
- TMI à 30 %, 41 % ou 45 % : le PER conserve une avance considérable. L'avantage à l'entrée (30 à 45 % des sommes versées) reste sans commune mesure avec 1,4 point sur les seuls gains.
- TMI à 11 % ou non imposable : le PER perdait déjà l'essentiel de son intérêt fiscal. La hausse de la CSG accentue le constat, et l'assurance vie — plus liquide, moins taxée sur les gains — s'impose plus nettement encore.
- Sortie en rente envisagée : aucun impact, la rente PER reste à 17,2 %.
Le point de vigilance pour la suite
Le traitement du PER a fait l'objet de débats jusqu'au vote final, plusieurs parlementaires ayant plaidé pour son exclusion au même titre que l'assurance vie. La doctrine administrative publiée au BOFiP mérite d'être suivie de près, en particulier sur l'articulation entre gains acquis avant et après le 1er janvier 2026. En l'état, retenez le principe simple : le PER reste un outil de déduction à l'entrée, et c'est sur ce terrain que se joue sa rentabilité — pas sur le taux de prélèvements sociaux appliqué à la sortie.