Budget 2026 : ce qui pourrait changer pour l'épargne retraite et la fiscalité des ménages
Publié le 15 juillet 2026 — Perspectives fiscales
Le projet de loi de finances (PLF) 2026, dont les premiers arbitrages sont attendus pour l'automne 2026, s'inscrit dans un contexte de consolidation budgétaire avec un objectif de déficit ramené sous 3 % du PIB. Plusieurs pistes de réforme touchant à l'épargne des ménages circulent.
Piste 1 : le plafonnement global des niches fiscales
Certains parlementaires plaident pour un abaissement du plafond global des niches fiscales de 10 000 € à 8 000 €. Si cette mesure aboutit, elle n'affecterait pas directement le PER, dont la déductibilité échappe à ce plafonnement (il s'agit d'une déduction du revenu, pas d'une réduction d'impôt). Le PER sortirait renforcé comme outil de défiscalisation si les autres niches sont comprimées.
Piste 2 : la réforme de la flat tax
Le débat sur la flat tax à 30 % reprend chaque année lors des discussions budgétaires. Une barémisation complète des revenus du capital est régulièrement proposée par une partie de la gauche. Si elle aboutissait, les contribuables à 30 % de TMI ou moins pourraient y gagner (taux effectif inférieur), mais ceux à 41 %–45 % de TMI seraient fortement pénalisés sur leurs plus-values PER.
Piste 3 : renforcement du PER collectif dans les PME
Le gouvernement étudie des incitations supplémentaires pour encourager les PME à mettre en place des PER collectifs (PERCOL). Parmi les pistes : un crédit d'impôt pour les premiers abondements employeur, ou une simplification des formalités de mise en place. Cette mesure bénéficierait directement aux salariés des petites entreprises, encore trop peu couverts par l'épargne salariale.
Piste 4 : revalorisation du PASS 2026
Le PASS 2026 sera fixé par arrêté fin 2025 sur la base de l'évolution des salaires. Les premières estimations tablent sur une revalorisation de +2 % à +2,5 %, portant le PASS 2026 aux alentours de 48 000 € à 48 300 €. Une hausse qui se traduira mécaniquement par des plafonds de déduction PER légèrement plus élevés pour la déclaration 2027.
Ce qui ne devrait pas changer
Le principe fondamental de la déductibilité des versements PER reste un pilier de la politique d'épargne longue en France. Aucun gouvernement récent n'a remis en cause ce dispositif, et les discussions budgétaires en cours ne semblent pas s'orienter vers une suppression ou une limitation substantielle de cet avantage. Le PER conserve donc toutes ses qualités pour les versements réalisés en 2025 et 2026.
Notre conseil
Dans un contexte d'incertitude fiscale, agir maintenant plutôt qu'attendre d'éventuelles réformes est la stratégie la plus prudente. Les versements effectués en 2025 bénéficient des règles actuelles connues et validées. Attendre 2026 ou 2027 expose à un risque de modification des règles — généralement dans un sens moins favorable pour les épargnants.